Paris, France -En matière de prise en charge de l'infarctus, force est de constater que des progrès considérables ont été faits ces dernières années. Alors que l'on connaît les premiers résultats du registre français FAST-MI[1], le National Health Service britannique publie également ses statistiques dans le British Medical Journal. [2]
FAST-MI (French registry on acute ST-elevation and non ST-elevation myocardial infarction) est un registre des patients hospitalisés dans les 48 h suivant le début d'un infarctus du myocarde (IDM), avec ou sans sus décalage ST, pendant une période de 31 jours consécutifs, au cours du dernier trimestre 2005. Deux cent vingt trois cliniques et hôpitaux ont participé, soit 60 % des institutions françaises qui prennent en charge les patients au stade aigu de l'infarctus.
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Pr Nicolas Danchin
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FAST-MI a été mis en place par la SFC avec le soutien des laboratoires Pfizer, Servier et de la Caisse Nationale d'Assurance Maladie.
La première analyse des données a essentiellement porté sur les infarctus avec sus décalage qui représentent la moitié des 3000 cas du registre.
L'angioplastie primaire est devenu le premier mode de revascularisation
"La population est assez semblable à celle des enquêtes de 1995 et 2000, commente le Pr Danchin pour Heartwire. En revanche, un progrès significatif dans l'utilisation des traitements de reperfusion et surtout dans les modalités du traitement de reperfusion est noté."
Ainsi, en 1995, 50 % de patients étaient reperfusés, 51% en 2000 et 60% en 2005. On observe une montée importante de l'angioplastie primaire passée de 13 % en 95 à 23 % en 2000 et à 33 % en 2005.
« Beaucoup de progrès ont été accomplis dans les traitements et le pronostic. Mais il en reste encore beaucoup à faire dans les circuits de prise en charge » Pr Nicolas Danchin (HEGP, Paris)."Et sur l'ensemble de la population, le pourcentage sera plus élevé si l'analyse se limite aux patients admis dans les 12 premières heures, précise N Danchin. La montée en puissance de l'angioplastie est très régulière. Ce qui fait qu'elle est devenue la technique de reperfusion majoritaire en France. La thrombolyse a régressé mais elle est resté à une niveau stable par rapport à 2000 : 27 % au lieu de 28%. La grande différence vient de l'augmentation de la thrombolyse pré-hospitalière, pratiquée dans deux tiers des cas au lieu d'un tiers en 2000.
Dans le circuit des patients, plus d'un tiers appellent en premier le médecin généraliste devant une douleur thoracique, autant à peu près appellent le SAMU. " Cela montre que le circuit n'est pas optimal car on devrait être proche de 100 % d'appels du centre 15 "commente l'investigateur.
Or du numéro composé initialement par la victime ou ses proches, dépend le pourcentage de patients reperfusés et le type de reperfusion. "Plus on appelle le centre 15, plus on arrive tôt à l'hôpital et plus on a de chance d'être reperfusé."
On voit ainsi qu'après un appel du SAMU, 75 % des patients ont un traitement de reperfusion. Quand le médecin traitant est le premier appelé, le pourcentage passe à 47% et le chiffre s'abaisse encore quand c'est le cardiologue qui est joint : 41% de reperfusion.
Au point de vue de la mortalité hospitalière (au cinquième jour d'hospitalisation), on constate une diminution vraiment importante en dix ans : de 8,3 % en 1995, à 6,6 % en 2000 et 4,3 % en 2005. Pour les patients thrombolysés uniquement, elle passe de 5,8 % en 95, à 5,5 % 2000 et 2,6 % en 2005. "Le gain de survie est associé à l'augmentation de la thrombolyse pré-hospitalière entre 2000 et 2005, explique N Danchin. Alors qu'il n'y a pratiquement pas de changement entre 1995 et 2000.
A l'opposé, dans le groupe angioplastie primaire, la mortalité diminue très régulièrement, de 6,9 % en 1995 à 4,9 % en 2000 puis à 2,9 % en 2005. "Dans les deux cas de figure, la mortalité est très faible. La plus faible est celle obtenue avec la thrombolyse préhospitalière mais il s'agit d'une population de sujets un peu moins à risque. "
Chez les patients qui n'ont eu aucun traitement de reperfusion, on a également une baisse de la mortalité très nette de 11 % en 1995 à 8% en 2000 et 6,7 % en 2005. "Une amélioration liée aux médicaments et à la prise en charge globale. On voit qu'aujourd'hui, un patient non reperfusé a la même mortalité précoce qu'un patient revascularisé par angioplastie primaire en 1995 (6,7% vs 6,9%).
Augmentation de la prescription de statines
En matière de traitements médicamenteux à la sortie de l'hospitalisation, les progrès sont relativement peu importants sauf pour les statines dans les 48 premières heures. Elles sont maintenant prescrites pour 75 % des patients contre 10 % en 1995.
"Beaucoup de progrès ont été accomplis dans les traitements et le pronostic. Mais il en reste encore beaucoup à faire dans les circuits de prise en charge. Cela va nécessiter une information générale du public "conclut N Danchin.
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