Paris, France Au cours du congrès EuroPRevent 2008, les Drs Hein Heidbüchel (Louvain, Belgique) et Juergen Scharhag (Sarrebruck, Allemagne) ont exposé leurs opinions contrastées sur l'effet du sport d'endurance sur le cur. Pour le spécialiste belge, le sport d'endurance à haut niveau a un effet arythmogène potentiellement grave avec un remodelage ventriculaire droit dont on peut discuter le caractère adaptatif ou dégénératif. Pour le cardiologue allemand, l'élévation constatée des biomarqueurs à la suite d'un effort prolongé doit être interprétée avec prudence et les données de survie des sportifs d'endurance en Finlande sont rassurantes.
Le cur d'athlète se caractérise par une hypertrophie pariétale et/ou une dilatation des cavités cardiaques.
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Dr Heidbüchel
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Une étude sur des anciens cyclistes montre qu'ils nécessitent plus fréquemment l'implantation d'un pacemaker que la population générale.« Il s'agit le plus souvent de forme atypique, plus difficilement traitable par ablation » précise le spécialiste belge. Une autre étude sur 256 flutters adressés pour ablation suggère qu'il existe proportionnellement plus souvent un flutter sur cur sain chez les anciens sportifs d'endurance (34 % des patients sans pathologie cardiaque sous-jacente). Pour la fibrillation atriale, elle augmente d'un facteur 4 à 10 chez les athlètes par rapport à la population générale.
Le Dr Heidbüchel indique que la FA isolée (« lone » AF) est nettement plus fréquente chez les athlètes. Il ajoute que les rechutes en FA après ablation réussie d'un flutter sont souvent associées à un passé de sportif d'endurance. L'équipe barcelonaise de L Mont montre que la FA chez 107 patients peu âgés (48 ans en moyenne) est certes liée à la taille de l'oreillette gauche, mais la durée cumulée d'exercice physique sort comme un facteur de risque significatif (OR de 6,47) en analyse multivariée.
Adaptation ou dégénérescence
Au niveau ventriculaire, des études suggèrent que des arythmies peuvent naître du ventricule droit. 86 % des arythmies ventriculaires chez des athlètes de haut niveau symptomatiques proviennent du ventricule droit. Il existe aussi des ondes T négatives dans les dérivations droites à l'ECG et des potentiels tardifs qui suggèrent que cette région subit des modifications structurales. Adaptation ou dégénérescence ? Toute la question est là. L'angiographie ventriculaire quantitative plaide pour une diminution de la fraction d'éjection ventriculaire droite mais cette anomalie n'est pas visible à l'échocardiographie. Après un marathon, 30 % des sportifs ont une dilatation temporaire du ventricule droit et elle est contemporaine d'une augmentation des enzymes cardiaques. Côté pression pulmonaire, les athlètes font davantage monter les chiffres que les non-entraînés, ce qui aurait tendance à augmenter les contraintes ventriculaires.
Pour les tenants d'un effet délétère du sport d'endurance, l'agression répétée du ventricule droit favoriserait la dysfonction ventriculaire puis la dégénérescence se compliquerait d'arythmie. Mais, seule une minorité d'athlètes prendrait ce chemin, peut-être en raison d'une prédisposition génétique même si les analyses mettent en évidence peu de mutations. Une étude d'Eric Abergel (Hôpital Européen Georges Pompidou, Paris) montre que le processus est évolutif avec plus de 50 % des cyclistes ayant une dilatation ventriculaire gauche inhabituelle.
Une espérance de vie augmentée
Pour le Dr Scharhag, la situation n'est pas si tranchée. Il indique que la corrélation entre les biomarqueurs et les données d'échographie sont à interpréter avec prudence.
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Dr Scharhag
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La situation n'est pas si tranchée
L'augmentation de l'espérance de vie (des sportifs d'endurance) est essentiellement expliquée par une réduction de la mortalité cardiovasculaire.En ce qui concerne la VO2 max, il existe une corrélation entre la masse ventriculaire gauche et la valeur de la VO2 max mais il n'y a pas de variation du rapport entre masse ventriculaire gauche/masse ventriculaire droite entre les sportifs et les non-entraînés. L'étude de Pluim montre qu'il n'y a pas de différence en terme de métabolisme cardiaque entre des cyclistes et des sujets contrôles. Enfin, une étude finlandaise montre que les sportifs d'endurance ont une espérance de vie augmentée (2613 sportifs hommes).
« L'augmentation de l'espérance de vie est essentiellement expliquée par une réduction de la mortalité cardiovasculaire (OR = 0,49) » indique le spécialiste qui conclut à l'absence d'effet délétère des sports d'endurance.
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Mont L, Tamborero D, Elosua R et coll. Physical activity, height, and left atrial size are independent risk factors for lone atrial fibrillation in middle-aged healthy individuals. Europace 2008;10(1):15-20.
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Abergel E, Chatellier G, Hagege AA et coll. Serial left ventricular adaptations in world-class professional cyclists: implications for disease screening and follow-up. J Am Coll Cardiol. 2004;44(1):144-9.
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Pluim BM, Lamb HJ, Kayser HW et coll. Functional and metabolic evaluation of the athlete's heart by magnetic resonance imaging and dobutamine stress magnetic resonance spectroscopy. Circulation 1998;97(7):666-72.
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Sarna S, Sahi T, Koskenvuo M et coll. Increased life expectancy of world class male athletes. Med Sci Sports Exerc. 1993;25(2):237-44.






